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20 avril 2017
France

Chablis : boom de la confusion sexuelle Le nombre d’hectares protégés par cette méthode de biocontrôle a plus que doublé en un an

Alternative efficace aux insecticides conventionnels pour lutter contre les papillons ravageurs de la vigne, la confusion sexuelle est une lutte collective qui imite la nature et apporte un bénéfice majeur sur la qualité du vin.

Dans le Chablis, les viticulteurs plébiscitent le biocontrôle pour lutter contre l’Eudémis et la Cochylis, papillons ravageurs devenus les ennemis N°1 du vignoble. C’est une véritable révolution des pratiques qui est en plein essor dans la région : cette année les surfaces protégées ont plus que doublé pour passer de 50 à 120 hectares. Les équipes de Soufflet Vigne et BASF s’engagent au quotidien au plus près des viticulteurs pour le bon développement de cette méthode qui repose sur un engagement collectif indispensable. Dans le vignoble Chablisien ce sont plus de 30 viticulteurs sur un secteur de la commune de Poinchy qui travaillent en cohésion pour développer cette méthode autorisée en viticulture bio ou conventionnelle. Objectif : imiter la nature pour protéger les baies. Résultat : des vendanges sereines, des gains de productivité et une qualité du vin améliorée.

Eudémis et Cochylis : une plaie pour les baies
Les viticulteurs doivent faire face à de multiples insectes ravageurs. Les papillons Eudémis et Cochylis, également appelés « tordeuses de la grappe », sont une menace majeure. Lorsque les populations de ces papillons se développent, les chenilles se multiplient. Présentes en grand nombre dans le vignoble, elles perforent les baies et se logent à l’intérieur. Elles facilitent ainsi l’installation de la pourriture qui peut se propager rapidement sur les grappes avoisinantes. Lorsque les grains sont contaminés, la vinification est difficile. Le vin devient pauvre en alcool, déséquilibré et trouble. Conséquence supplémentaire : il risque de développer de mauvais goûts et de mal se conserver.

La confusion sexuelle : mettre les mâles au parfum
Le principe de la confusion sexuelle est d’intervenir de manière préventive en rendant impossible l’accouplement entre les papillons mâles et femelles. Ces dernières émettent des phéromones pour attirer les mâles. La méthode de la confusion sexuelle permet de reproduire à l’identique ces phéromones, c’est à dire le parfum propre aux femelles. Concrètement, il s’agit d’accrocher à intervalles réguliers des petites capsules de phéromones que l’on appelle les diffuseurs. Il faut en mettre 500 par hectare. Un seul diffuseur émet journellement des phéromones équivalentes à la présence d’un million de femelles. Les papillons ravageurs mâles sont alors incapables de repérer les femelles. La conséquence est simple : pas d’accouplement, donc pas de larve ni de chenille susceptible d’attaquer les raisins. Les populations de ravageurs baissent en deçà des seuils de nuisibilité. Les expériences menées ont montré qu’après plusieurs années de lutte par confusion sexuelle, les populations de tordeuses diminuent. La confusion sexuelle avec la protection « Rak® » permet donc de réduire les attaques de pourriture grise, maladie liée à un champignon, le botrytis, qui dégrade fortement la qualité du raisin.

Un véritable enthousiasme dans le vignoble Chablisien
Utilisée dans la région depuis une quinzaine d’année, cette méthode de biocontrôle est redynamisée depuis deux ans. Alors qu’on comptait 10 hectares en 2015, cette année les surfaces sont multipliées par 2,5 et passent de 50 à 120 hectares. L’expérience acquise depuis des années en matière de protection de la vigne par cette méthode de biocontrôle permet de combiner au mieux les itinéraires techniques et de réduire l’utilisation d’insecticides classiques. La confusion sexuelle nécessite une observation permanente du vignoble et de la présence des papillons ravageurs, à l’extérieur des parcelles et au coeur de celles-ci. Des pièges permettent de capturer les papillons ravageurs pour établir la courbe de vol et les techniciens observent chaque semaine la présence de glomérules, oeufs, larves ou perforations des baies. En réduisant les risques de développement de champignons parasites, la confusion sexuelle permet d’atteindre une maturité optimale pour des vendanges sereines, synonymes de quantité et de qualité. La vinification est simplifiée avec des mouts plus propres et l’absence d’arrêt de la fermentation. Afin de renforcer la dynamique territoriale, Soufflet Vigne accompagne et fédère les viticulteurs pour faire prendre conscience de l’intérêt de cette démarche dans le cadre d’une lutte collective, indispensable à son efficacité.

Derrière les diffuseurs, une haute technologie
Les diffuseurs utilisés par la méthode Rak® permettent l’émission des phéromones tout au long de la saison viticole : de l’éclosion des premières chenilles des papillons ravageurs aux vendanges, soit du mois d’avril au mois de septembre. Le diffuseur est à la fois étanche pour contenir le parfum diffusé et poreux pour le laisser s’évaporer. Il est résistant et assure une diffusion parfaitement homogène quelles que soient les conditions climatiques (sécheresse, humidité…). La méthode de confusion sexuelle a su conquérir en 25 ans le vignoble français pour protéger plus de 50 000 ha de vignes soit 7% des surfaces de l’hexagone. Engagé depuis les années 80 dans la recherche et le développement de la méthode de confusion sexuelle, BASF est le porte-drapeau de cette innovation. Chaque fois que des solutions de biocontrôle sont envisageables, BASF pousse ses équipes à mettre au point de telles solutions pour le monde agricole. Rak® est l’exemple même d’une recherche aboutissant sur une méthode efficace et respectueuse de l’environnement.

Dernière mise à jour 20 avril 2017